« Le futur des palestiniens et israéliens est profondément lié, et la paix véritable ne peut être atteinte que par la justice, la liberté, la dignité, l’égalité et la sécurité pour tou.te.s. Il est temps d’humaniser, pas de politiser, notre approche de la résolution des conflits, et de travailler sans cesse vers un futur où la paix règne en maîtresse » – Dr Izzeldin Abuelaish
Le bouleversant film documentaire Un médecin pour la paix est de ces œuvres qui incarnent leur message. Ce récit, réalisé par Tal Barda, qui a grandi en Israël, s’appuie sur le livre Je ne haïrai point (I shall note hate), du médecin palestinien Izzeldin Abuelaish et raconte la soif de paix et de tolérance de cet homme, malgré la perte de sa famille, décimée par l’armée israélienne.
Cet homme, gynécologue, surnommé le « Nelson Mandela du Moyen-Orient », a passé sa vie à soigner des patients dans un hôpital israélien. Il défend une vision du monde humaniste, qui ne serait dictée ni par la religion ni la nationalité de chacun. Il prenait soin de chaque patiente, israélienne comme palestinienne, passant dans son cabinet, parfois même gratuitement. Son ambition de paix et sa conviction que la haine n’est pas innée, mais est nourrie (“hatred is not by nature it’s by nurture”) l’ont mené en 2006 à se présenter comme candidat indépendant aux élections législatives, pour proposer une alternative au Fatah et au Hamas, qui sera élu pour la première fois à cette occasion. Ses convictions pacifistes et sa volonté de réconciliation entre Israël et la Palestine ont fait la renommée d’Abuelaish, et leur durabilité malgré la mort de ses filles l’a érigé en symbole de résilience : « Si j’avais la certitude que mes filles ont été les dernières sacrifiées sur le chemin de la paix entre Israéliens et Palestiniens, alors je pourrais accepter leur mort », déclare-t-il dans ce film.
En leur donnant la parole, à lui et à ses enfants, la réalisatrice participe à humaniser les victimes de la guerre, comme le fait Schlomi Eldar, journaliste israélien ami d’Abuelaish. Lorsque ce dernier l’appelle, en larmes, après la mort de ses filles, alors qu’Eldar est sur le plateau d’un journal télévisé israélien, il met le haut-parleur afin de faire entendre au peuple d’Israël la souffrance que son armée crée.
Trois des filles d’Izzeldin Abuelaish ainsi qu’une de ses nièces ont en effet été assassinées le 16 janvier 2009 par un obus israélien, dirigé contre l’immeuble où vivaient les familles d’Izzeldin et de cinq de ses frères. Suite à ces morts, un cessez-le-feu est déclaré par le premier ministre israélien de l’époque, Ehud Olmert. Après leur émigration au Canada, Abuelaish intente une action en justice contre Israël afin de faire reconnaître la responsabilité de l’État dans la mort de ses filles, et d’obtenir des excuses publiques. En 2021, la Cour suprême israélienne déclare que l’État n’est pas responsable en raison du contexte de conflit, qualifie la mort de Bessan, Aya, Mayar et Noor d’ « acte de guerre » et ne fait aucune excuse à Abuelaish.
Ce film et cet homme, qui se voulait « être l’exemple même de la coexistence », selon ses mots, offrent au monde un véritable message d’espoir et de paix en mettant en lumière des personnes pour qui la paix et l’espoir doivent remplacer la haine. Comme le dit Izzeldin Abuelaish lui-même, « Je ne haïrai point. Espérons. » (“I shall not hate. Let us hope”).
Generation for Rights Over the World est fier de faire partie des organisations partenaires de ce film en France.




