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Le pouvoir, longtemps pensé comme neutre, est foncièrement genré : la place marginale des femmes dans les institutions démocratiques ne résulte pas d’un hasard, mais d’une exclusion à la fois consciente et inconsciente du féminin en politique. Dans le but d’en comprendre les modalités et les causes, cet article s’intéresse à l’incarnation d’une masculinité hégémonique chez Donald Trump et chez Emmanuel Macron. L’ancien président des États-Unis a articulé un véritable projet identitaire, marqué par la promesse impossible du retour d’une Amérique patriarcale et blanche dans un contexte contemporain de montée des droits des minorités. Nous examinerons également les espoirs déchus de renouveau et de rupture portés par l’élection d’Emmanuel Macron. Les deux présidents mettent en scène leur virilité et surjouent leur masculinité, parfois de manière violente, voire autoritaire. L’exercice de ce leadership prédateur et patriarcal est notamment visible dans le cadre de la crise sanitaire actuelle et des politiques étrangère et environnementale trumpiennes. Une culture parlementaire masculine délégitimant les femmes en politique persiste ainsi, de même qu’une association de la gouvernance et du rôle présidentiel à des qualités supposément masculines.

INTRODUCTION 

Si le nombre de femmes en politique augmente depuis les années 1990 en France, aux États-Unis et dans la plupart des autres pays, la parité est encore peu effective et très peu de femmes accèdent aux positions de pouvoir les plus hautes placées. Ainsi, dans les deux pays, aucune femme n’a encore été élue présidente, une exclusion au potentiel symbolique fort. Cet article s’intéresse à la masculinité hégémonique en politique et au leadership patriarcal, à travers l’exemple du mandat de Donald Trump (2017-2021) et de celui d’Emmanuel Macron (2017-2022).

Le concept de masculinité hégémonique a été théorisé par la sociologue Raewyn Connell1 pour désigner la forme de masculinité culturellement idéalisée selon une représentation stéréotypée de ce que doit être un homme. Elle se construit en opposition à la féminité et aux formes de masculinités « subordonnées » comme l’homosexualité, ou « marginalisées » comme les hommes noirs, et participe au maintien de l’ordre social de genre, et donc de la subordination des femmes.

Une analyse féministe de l’exercice du pouvoir permet de mettre en évidence son caractère genré et donc excluant pour les femmes, face à un pouvoir politique qui se pense neutre et universel. Il est primordial de comprendre en quoi le modèle de leadership politique valorisé aujourd’hui limite la pleine participation des femmes à la gestion du pouvoir, face au constat qu’aujourd’hui encore, seuls 21 pays dans le monde sur 197 reconnus par l’ONU sont dirigés par des femmes2

En apparence, Donald Trump et Emmanuel Macron semblent avoir peu en commun quant à leur conception de la masculinité, du pouvoir, et des femmes. Donald Trump est un personnage ouvertement misogyne et visé par plusieurs accusations d’agressions sexuelles, tandis qu’Emmanuel Macron ne méprise pas ouvertement les femmes et s’est même déclaré féministe durant la campagne électorale en 2017. Malgré leur différence avérée et incontestable (misogynie ouverte face à un féminisme de façade), Donald Trump et Emmanuel Macron incarnent tous les deux, à leur façon, une conception du pouvoir masculine, virile, jupitérienne, violente, voire autoritaire, qui semble laisser peu de place pour l’entrée des femmes en politique. Ils mettent en scène une masculinité hégémonique et incarnent un leadership dominateur qui exclut les femmes du pouvoir et participe donc au maintien de l’ordre patriarcal. Surtout, les conséquences sont les mêmes, peu importe les intentions affichées : ce sont des hommes (blancs) qui ont le pouvoir, résultant en une exclusion à la fois symbolique et matérielle des femmes. Un ordre de genre et une culture masculiniste qui ne disent pas leur nom règnent aux États-Unis comme en France.

LES MASCULINITÉS INCARNÉES PAR DONALD TRUMP ET EMMANUEL MACRON

Le projet identitaire de Donald Trump

Pour se faire élire, Donald Trump s’est en grande partie appuyé sur la peur identitaire et les frustrations ressenties par ceux que Michael Kimmel3 surnomme « les hommes blancs en colère » (angry white men), ces hommes incapables d’accepter les changements sociétaux, notamment le multiculturalisme, l’immigration et la montée des droits des femmes et des minorités sexuelles. Ces hommes craignent à la fois ce que le futur leur réserve, terrifiés par exemple par la perspective des États-Unis comme nation minoritairement blanche dans une vingtaine d’années, mais se montrent également nostalgiques du passé. Ils se réfèrent ainsi fréquemment à un soi-disant âge d’or des années 1950, période également chérie de Trump. Si les années 1950 furent caractérisées par une forte prospérité économique et une hégémonie américaine sur le monde, elles furent également marquées par la ségrégation raciale et les discriminations sexistes et homophobes. C’est donc la nostalgie d’une domination masculine incontestée et d’un ordre sexuel inégalitaire entre hommes et femmes qui s’exprime.

La disparition de certains métiers traditionnels masculins depuis les années 80 (mineurs, ouvriers spécialisés, etc.) a été interprétée par ces hommes blancs en colère comme un déclin de la masculinité, une véritable mise en danger identitaire. À cela s’ajoute la montée de l’immigration, du secteur très féminisé des services et l’entrée massive des femmes sur le marché du travail, menant à une disparition progressive du modèle du breadwinner masculin4, interprétée par certains hommes comme une véritable émasculation identitaire. Ainsi Donald Trump, comme Ronald Reagan avant lui, a présenté un projet de remasculinisation de l’Amérique. D. Trump a instrumentalisé cette peur d’un déclin de l’homme blanc, d’une perte des privilèges et du pouvoir masculins, à des fins électoralistes. Il a promis, avec populisme5, de répondre aux aspirations de ces hommes en colère pour conforter le pouvoir patriarcal, considéré en déclin. 

Ce populisme et ce projet identitaire se sont également appuyés sur la désignation de boucs émissaires, considérés comme responsables du déclin prétendu de l’Amérique, du chaos, et même comme constituant une menace pour la nation : les démocrates, les musulman.e.s, les défenseur.se.s du climat, les féministes ou encore les manifestant.e.s anti-racistes. Un slogan de D. Trump disait ainsi : « Ils veulent détruire notre pays »6. D. Trump a cristallisé les clivages, notamment par l’utilisation d’un vocabulaire manichéen distinguant les « bons » des « mauvais », les « gentils » des « méchants ». 

Cette véritable crispation identitaire se nourrit de la crainte que les revendications égalitaires portées par les femmes, les minorités ethniques, les migrant.e.s et les personnes LGBTQI+ privent les hommes blancs hétérosexuels de soi-disant droits, qui se révèlent en réalité être des privilèges. Une partie de l’électorat de D. Trump se croit en effet être victime des progrès et changements sociaux : victimes d’un « racisme anti-blanc », d’un féminisme « extrémiste », de la dictature du politiquement correct, etc. Un véritable renversement victimaire est à l’œuvre : ils se voient comme une minorité, comme « des étrangers dans leur propre pays », pour reprendre l’expression de la sociologue Hochschild7, ayant le sentiment de perdre leur statut social et que le rapport de force n’est plus en leur faveur. 

La droite radicale les séduit alors, leur promettant le retour d’une Amérique patriarcale et blanche, et d’un certain ordre social et identitaire, grâce à une autorité politique dure et masculine. La masculinité hégémonique mise en scène par D. Trump promet ainsi la réhabilitation d’un patriarcat ancestral, de la fierté américaine et d’une civilisation occidentale imaginaire. Donald Trump a compris le potentiel électoral de cette obsession identitaire et a su l’instrumentaliser pour se présenter en véritable sauveur de la nation. Comme en témoigne le slogan du Tea Party « Reprendre notre pays » (Take our country back), son élection se veut la promesse de rétablir, ou plutôt de conforter, un ordre social genré et racial et une identité américaine supposément mise à mal par le féminisme. Son slogan « Rendre sa grandeur à l’Amérique » (Make America Great Again) signifierait alors davantage « Rendre sa grandeur aux hommes blancs américains » (Make American White Men Great Again)8

Un renouveau macroniste ?

En examinant la masculinité incarnée par Emmanuel Macron, on pourrait penser à un renouveau, à une modernisation de la fonction présidentielle. Jeune, sans enfant, marié à une femme plus âgée, « accusé » d’homosexualité, la présentation privée de E. Macron fait penser à un trouble à l’ordre social du genre. Ces rumeurs entourant l’orientation sexuelle d’Emmanuel Macron pendant la campagne électorale de 2017 pour le discréditer ont d’ailleurs souligné l’hétéronormativité du genre présidentiel : discréditer Macron en tant que candidat impliquait de le discréditer en tant qu’homme et donc de remettre en question ses attributs masculins et sa virilité. Le rôle présidentiel est inexorablement pensé en conformité avec la masculinité hégémonique et donc l’hétérosexualité.

Ces rumeurs, prétendant que Macron aurait une double vie avec le chef d’une station de radio publique, ont sûrement été renforcées par sa différence d’âge, très médiatisée, de 24 ans avec sa femme Brigitte Macron. Que cette dernière soit la plus âgée du couple est mis en exergue, voire moqué, tandis que la différence d’âge de 33 ans entre Donald et Melania Trump est bien moins commentée. Cette dernière, mannequin, est au contraire considérée comme un trophée, un faire-valoir pour son mari et un symbole de sa réussite sociale.

En outre, contrairement à tous ses prédécesseurs, Emmanuel Macron n’a pas d’enfant. Ainsi, il « refuse l’injonction réelle et symbolique d’une paternité responsable qui représente l’un des moments forts de l’expérience virile conventionnelle »9. Cependant, cette remise en cause (partielle) de certains attributs considérés comme « masculins » ne s’est pas traduite dans les faits par des changements substantiels. La personne privée s’est différenciée de la personne publique, dont le discours politique et la manière d’exercer le pouvoir sont restés très conformes aux normes archaïques traditionnelles : le trouble dans le genre n’a pas mené à un trouble dans le pouvoir.

Notons également le paradoxe de l’incarnation du renouveau politique durant la campagne électorale de 2017 par Emmanuel Macron, qui s’est faussement présenté comme un « outsider » bien qu’il ait étudié à Sciences Po puis à l’ENA et ait été ministre de l’Économie sous François Hollande. Déjà pendant sa campagne, E. Macron était toujours entouré d’hommes, et ce malgré la parité annoncée de son gouvernement. S’il s’est déclaré féministe pendant la campagne électorale et a présenté l’égalité femmes-hommes comme « la grande cause du quinquennat »10, ces déclarations, possiblement à des fins électoralistes, ne se sont pas retrouvées dans les faits, ni dans sa façon autoritaire et masculine d’exercer le pouvoir. 

Une mise en scène viriliste et une masculinité surjouée

Si la violence interpersonnelle comme institutionnelle est omniprésente aux États-Unis (violence armée, raciale, policière, sexiste…), Trump l’a exacerbée, que ce soit la violence réelle (menaçant par exemple de frapper ses opposant.e.s ou encourageant la brutalité policière) mais aussi symbolique en exacerbant les clivages sociaux. Alors que les républicain.e.s s’attaquaient déjà fréquemment aux droits des femmes ou des minorités ethniques et sexuelles, Trump en a fait un véritable combat et assume pleinement ses positions sexistes et racistes. Il est ainsi notable que David Duke, l’un d’un des leaders du Ku Klux Klan11, ait salué la victoire de Trump, ou encore que Sebastian Gorka, rédacteur en chef de Breitbart News12 puis conseiller à la Maison Blanche, ait déclaré que l’élection signifiait le retour des « mâles alphas »13.

Trump incarne une masculinité mascarade, c’est-à-dire surjouée, performée à l’extrême, donnant l’impression d’un personnage parodique, caricatural, d’une figure bouffonne. Il cherche constamment et de manière exacerbée à affirmer sa virilité dominatrice, notamment par des références phalliques. Il s’est ainsi vanté de la taille de son pénis pendant les primaires républicaines pour répondre à Marco Rubio qui se moquait de ses petites mains14. On peut également penser à son duel viriliste avec Kim Jong-un sur le bouton nucléaire américain qu’il a affirmé plus gros que son équivalent nord-coréen. La campagne électorale de 2016 a également été l’occasion pour Donald Trump de mettre en scène de façon décomplexée et vulgaire une virilité « beauf », notamment en discréditant voire en tentant d’intimider par des remarques misogynes Hillary Clinton, ou en commentant de façon incessante l’apparence physique des femmes politiques et des journalistes.

Ce sexisme assumé n’est pas seulement discursif mais se traduit également en actes : Donald Trump est ainsi accusé d’agressions sexuelles et de viols par plusieurs femmes. Il a notamment répondu à une de ces accusations en affirmant que son accusatrice « n’aurait pas été son premier choix » et s’est ouvertement vanté d’avoir profité de sa notoriété pour commettre des agressions sexuelles. Pendant la campagne électorale de 2016, Candice Jackson était même chargée de dissuader les femmes accusant Trump de s’exprimer publiquement15. On se rappelle également la révélation par le Washington Post pendant la campagne d’une vidéo où il déclarait pouvoir « les attraper [les femmes] par la chatte »16), ou encore la fois où il a affirmé qu’il sortirait volontiers avec Ivanka si elle n’était pas sa fille.

Cependant, les attaques sexistes de Trump ne concernent pas uniquement ses relations personnelles mais se sont incarnées de manière plus générale dans ses décisions politiques, mettant notamment en danger les droits reproductifs : coupure des fonds fédéraux au planning familial, diminution du remboursement des soins de santé sexuelle couverts par l’Obamacare17, nomination des juges à la Cour Suprême conservateur.ice.s et anti-choix Neil Gorsuch (2017), Brett Kavanaugh (2018) et Amy Coney Barrett (2020), rétablissement par décret de la « politique de Mexico »18, etc. Donald Trump n’a par ailleurs pas manqué de remettre en question les droits LGBTQI+, ayant par exemple limité l’accès des personnes homosexuelles et transgenres à l’armée. Seuls les hommes blancs hétérosexuels semblent ainsi être légitimes à exister dans l’espace public, et priver les femmes ou les minorités de droits permettrait de rétablir leurs privilèges soi-disant perdus. 

Affirmer que le président exerce un leadership de domination anti-féministe paraît plus acceptable aux États-Unis avec Donald Trump, ouvertement misogyne, qu’en France où cela relève d’une interprétation d’un comportement qui se veut neutre. Macron semble plus mesuré face à l’anti-féminisme revendiqué de Trump. Sa façon d’exercer le pouvoir peut être analysée comme masculine et virile, mais non comme masculiniste comme celle de Trump.

On a néanmoins attribué à Emmanuel Macron, et ce dès sa campagne électorale, des qualités traditionnellement associées à la masculinité hégémonique, telles que l’audace, le courage, l’ardeur, la détermination, la ténacité ou la confiance en soi ; des qualités mobilisées vers la conquête et la pratique du pouvoir. Depuis le début de son mandat, Macron joue d’une image monarchique (concentration du pouvoir, ton sans nuance, affirmation d’une autorité masculine incontestable, etc), en totale continuité avec l’incarnation traditionnelle du pouvoir. Il réaffirme même la façon gaullienne d’exercer le pouvoir : toute-puissance du président, État fort, conception virile et verticale du pouvoir, forte volonté de contrôle, etc. Emmanuel Macron avait déclaré durant sa campagne qu’il exercerait un pouvoir jupitérien, une promesse qu’il a tenue, réaffirmant par la même occasion l’attachement du rôle présidentiel à des valeurs masculines. Si Macron n’est pas visé lui-même par des accusations d’agressions sexuelles, il a fait abstraction de celles de viol visant son ministre de l’Intérieur, déclarant que Gérald Darmanin et lui avaient eu une « discussion d’homme à homme ». Ainsi, le leadership dominateur et patriarcal incarné très explicitement par Donald Trump n’est pas totalement étranger à la France, habituée depuis presque toujours à celui-ci, considéré comme la seule et bonne façon d’incarner le pouvoir. 

L’EXCLUSION DES FEMMES DU POUVOIR

Une culture parlementaire masculine

La légitimité des femmes dans l’espace public, particulièrement en politique, champ du pouvoir par excellence, n’est toujours pas acquise. Cela est visible dans le vocabulaire : un « homme public » est un homme de pouvoir tandis qu’une « femme publique » est une prostituée.

Les femmes politiques, y compris à l’Assemblée nationale, sont moins écoutées, on leur coupe fréquemment la parole lors des débats et leur apparence physique est sans cesse commentée, jugée voire moquée pour les décrédibiliser. Les politiciennes sont également plus souvent désignées par leur prénom que les politiciens. Comparativement aux hommes, elles doivent être irréprochables, elles n’ont pas le droit à l’erreur, en particulier si elles font partie de minorités visibles comme Christiane Taubira, Rachida Dati ou Myriam El Khomri.

La politique reste ainsi une institution masculine, un univers social d’hommes, en conformité avec l’attribution prioritaire de la sphère publique et politique aux hommes et de la sphère privée et domestique aux femmes. Le corps légitime en politique reste celui de l’homme, et la politique, un monde créé selon un paradigme de masculinité, de virilité et de puissance. Comme en témoignent les remarques et sifflements des députés à l’égard de Cécile Duflot et de sa robe à fleurs en 2012 ou leurs cris de poules en 2013 pour interrompre l’intervention de la députée Véronique Massonneau, l’Assemblée nationale n’est pas exempte d’attitudes sexistes. Pire encore, comme le souligne le sociologue Jean-Louis Fabiani, ces attitudes ne seraient plus admises dans une entreprise ou une université, et ainsi « le lieu même où s’exprime la représentation nationale semble exempté des règles qu’elle-même produit à l’égard de la société »19.

Par conséquent, les femmes politiques françaises semblent devoir adopter des codes considérés comme masculins pour se faire entendre : parler fort, être dans l’agressivité, couper la parole de leur interlocuteur.rice, etc. Elles doivent surinvestir le modèle masculin et se conformer à une arène masculine, pour se faire oublier en tant que femmes. La plupart des femmes politiques françaises ne se battent donc pas pour être reconnues en tant que femmes mais au contraire pour être considérées comme des hommes, et se déclarent par ailleurs très rarement féministes.

En s’éloignant des stéréotypes de genre, elles peuvent cependant être l’objet de critiques, à l’exemple de Martine Aubry, accusée d’être brutale, alcoolique et même homosexuelle, décrite comme « pot à tabac » par l’humoriste Stéphane Guillon20. La colère de Ségolène Royal a également été moquée pendant la campagne électorale de 2007, notamment par son opposant Nicolas Sarkozy qui l’a qualifié d’hystérique dans ses Lettres de mon château21

Mais l’inverse est également vrai : exacerber leurs qualités supposément féminines les rend sujettes à la stigmatisation, à l’essentialisation et à l’hypersexualisation, comme le furent Fleur Pellerin ou Aurélie Filippetti. Leur comportement fait écho au concept de « féminité mascarade » développé par la psychanalyste Joan Riviere en 192922 en référence aux femmes qui, parce qu’elles accèdent à des professions masculines, surjouent la féminité comme pour compenser leur transgression de genre, comme pour se faire pardonner. Ainsi, qu’elles se montrent « féminines » ou imitent les hommes, les femmes sont toujours perdantes. S’écarter de la norme dominante de la féminité est tout aussi sanctionné que de s’y conformer à outrance.

Malgré les lois sur la parité introduites en France dès 2000, toujours très peu de femmes accèdent aux postes les plus convoités et prestigieux. Ainsi, « la parité quantitative n’est toujours pas qualitative »23. Par exemple, les postes considérés comme féminins (famille, éducation, santé, etc.) reviennent majoritairement aux femmes, tandis que les ministères relevant des fonctions régaliennes (Intérieur, économie, affaires étrangères, etc.) sont occupés par des hommes. Les résultats de la parité sont donc minimisés en interne par la sélection des candidat.e.s. La politique reste par conséquent un milieu très peu mixte, que ce soit en termes de genre, mais aussi de classe sociale, de race et d’âge, l’écrasante majorité des politicien.ne.s étant des hommes, blancs et issus des mêmes écoles (Sciences Po, ENA), il en résulte un entre-soi masculin, blanc et bourgeois. Cette endogamie sociale, raciale et genrée est très peu questionnée, contrairement à la non-mixité entre femmes ou entre personnes racisées qui est dénoncée et qualifiée de communautarisme.

Des qualités masculines essentielles pour gouverner

On remarque que les caractéristiques normatives valorisées par la masculinité hégémonique (virilité, agressivité, force, compétitivité, rationalité, leadership, etc.) sont également associées à la conception dominante du pouvoir et même considérées comme essentielles pour réussir en politique. Les codes de la politique sont toujours masculins, comme en témoigne la poignée de main entre Emmanuel Macron et Donald Trump en 2017 à Bruxelles qui ressemblait fort à un duel de virilité. En politique comme ailleurs, la virilité est gage de crédibilité et de légitimité. Comme le soulignent Mathilde Larrère et Aude Lorriaux, « Si on évalue la réussite des négociations à l’aune de la force d’une poignée de main, les femmes ne seront-elles pas jugées d’emblée perdantes ? »24

L’un des traits caractéristiques du leadership masculin est celui de l’incapacité à reconnaître ses erreurs, comme si cela consisterait à admettre sa faiblesse. Il faudrait ainsi se montrer constamment sûr de soi et tout contrôler. Par exemple, Emmanuel Macron sur le plateau de TFI a déclaré avec assurance à propos de l’application Tous Anti Covid : « je ne dirais pas que c’est un échec, je dirais que ça n’a pas marché », une tournure de phrase risible qui illustre néanmoins ce standard en politique : reconnaître ses erreurs est vu comme une marque de faiblesse, de vulnérabilité, et donc de non-masculinité. La chancelière allemande Angela Merkel n’a au contraire pas eu peur de présenter ses excuses au peuple et de revenir sur ses décisions, en reconnaissant des erreurs quant à sa gestion de la crise sanitaire25.

Cette certitude de soi est poussée à son paroxysme chez Trump, qui refuse la remise en question, le doute, et même la réflexion. Trump affirme détester réfléchir, mais préférer agir à l’instinct, en prenant des risques, en ne craignant pas le conflit, comme un « vrai homme » se doit pour lui de le faire26. Il méprise ainsi le débat, le conflit d’opinions, et donc l’essence même de la démocratie, renforcé par son incapacité à écouter d’autres points de vue que le sien ou à accepter la critique, le compromis ou la coopération. Donald Trump méprise la presse et les contrepouvoirs, et s’est posé comme seul décideur, refusant toute humilité ou remise en question. Sa dureté, sa grossièreté, son narcissisme, son mépris, son sexisme, son inflexibilité, son désir d’apparaître viril, son absence d’empathie, etc. : tout converge vers l’incarnation de la masculinité hégémonique et du pouvoir patriarcal.

Ce type de pouvoir se pense neutre, universel, tandis qu’il est profondément genré. Il nous semble impossible d’imaginer une autre façon de concevoir et d’exercer le pouvoir, non-violente, non-hiérarchique, non-prédatrice, comme si les politicien.ne.s devaient nécessairement agir de cette manière. L’incarnation de cette masculinité hégémonique implicite impacte directement la légitimité du président : s’il s’éloignait de celle-ci, il serait accusé d’être faible, pas assez ferme, trop conciliant, etc. Le pouvoir politique n’est donc pas neutre, ni le masculin, et il est nécessaire de mettre en évidence « le fait que tous ces Présidents étaient des hommes, blancs et hétérosexuels »27, à l’exception notable de Barack Obama aux États-Unis. Le genre, l’orientation sexuelle et la race sont des catégories politiques, qu’il faut souligner pour comprendre que la classe politique a un genre, une sexualité et une couleur, contre le discours universaliste républicain entretenant l’illusion d’individu.e.s neutres.

UN POUVOIR PRÉDATEUR SUR LES AUTRES ET SUR LA PLANÈTE 

La politique étrangère égotique de Donald Trump 

La politique étrangère de Donald Trump a été directement impactée par la personnalité de celui-ci, résultant en une stratégie diplomatique unilatérale refusant le compromis et le multilatéralisme. Durant son mandat, les États-Unis sont sortis de l’Accord de Paris sur le climat, ont quitté le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et ont même menacé de se retirer de l’OTAN. Son chauvinisme, son narcissisme, voire son égoïsme se sont fortement ressentis sur la scène internationale par son comportement provocateur et impulsif, caractérisé par la doctrine du « America First ».

S’adressant aux nostalgiques des États-Unis des années 1950 et s’appuyant sur un passé mythifié, Trump a cherché à prôner le retour d’une Amérique puissante, virile et combative. La politiste Marie-Cécile Naves souligne que les dépenses militaires des États-Unis sont aujourd’hui plus élevées que pendant la guerre froide, alors que le pays n’est plus menacé militairement28. Cette attitude belliqueuse s’est en outre retrouvée dans l’entretien de tensions avec la Corée du Nord. Le duel de virilité entre les deux présidents a permis à Trump de cultiver son image d’homme antipathique, arrogant et autoritaire, menaçant même de rayer la Corée du Nord de la carte du monde. Les menaces, les bluffs, et même les insultes échangé.e.s entre les deux hommes ont créé un climat d’incertitude, laissant planer le doute quant à la possibilité d’une guerre militaire ou économique.

Par sa défense nationaliste de l’unilatéralisme et de ce qu’il croit être l’identité ethno-nationale des États-Unis, Trump a entretenu l’illusion d’un monde unipolaire au leadership étasunien. Il a également nourri le fantasme, impossible dans notre monde mondialisé, d’une Amérique autosuffisante et fermée sur elle-même. Il a ainsi souhaité mettre en place un système économique nationaliste et protectionniste, luttant par exemple contre l’importation de produits manufacturés, notamment chinois et allemands, ou encore contre la délocalisation des entreprises américaines. Il semble ainsi traduire une peur de la perte du leadership des États-Unis en tant que première puissance mondiale. C’est ce qui fait dire à l’économiste James Galbraith29 que la vision économique de Trump est mercantiliste plutôt que protectionniste, en ce qu’il craignait que les richesses économiques des États-Unis ne quittent le territoire et voulait protéger les frontières du pays, envisageant les échanges commerciaux comme une guerre économique. Il faudrait ainsi assurer une posture offensive, intransigeante, triomphante et même virile sur la scène internationale.

Cette attitude autoritaire et arrogante de Donald Trump dans sa politique étrangère contraste fortement avec celle de son prédécesseur Barack Obama, souvent qualifié par les républicains de président « faible » et « qui s’excuse » ; des traits féminins mettant en cause sa virilité. Joe Biden est selon Donald Trump la marionnette de la Chine et de l’Iran, tout comme Obama était pour lui celle des islamistes. L’animateur radio Rush Limbaugh, à l’origine du fameux néologisme « féminazis », avait par exemple qualifié Obama d’ « Halfrican American » et déclaré que son obtention du prix Nobel de la paix était un signe de féminité poussant à l’émasculation des Etats-Unis30. Le genre est ainsi utilisé pour disqualifier leurs adversaires : le parti républicain est parfois surnommé le « daddy party », celui des hommes breadwinners, de la force, de la sécurité, et le parti démocrate, le « mommy party », celui du care, de l’assistanat, de la faiblesse, du laxisme31. Obama, cultivé, homme de compromis, semble radicalement opposé à Trump, s’informant sur Fox News et Twitter, et célèbre grâce aux tabloïds et à la télé-réalité. Il semble ainsi que Trump ait ambitionné durant son mandat de faire le contraire en tous points de son prédécesseur, comme s’il se sentait personnellement attaqué par sa culture et sa couleur de peau, comme si l’élection de Trump signifiait la revanche sur l’Amérique obamienne.

Détruire la planète

Donald Trump, dans un rapport de prédation à tout ce qui l’entoure, a affirmé sa volonté de domination sur les autres comme sur la planète. Le capitalisme destructeur qu’il a prôné s’appuie sur l’idéologie occidentale moderne de la science comme toute-puissance de l’homme sur son environnement, suivant la fameuse formule de Descartes « se rendre comme maîtres et possesseurs de la nature »32. Celle-ci valorise la raison, l’objectivité, l’esprit, le savoir et le progrès (considéré.e.s comme masculin.e.s) et dévalorise l’irrationalité, l’affectivité, l’émotivité, le corps et la nature (considéré.e.s comme féminin.e.s).

La valorisation d’une économie productiviste passe donc par un mépris de l’environnement, mais aussi des populations autochtones, comme en témoigne le projet d’oléoduc géant Keystone XL avec le Canada que Trump a renoué alors qu’Obama y avait apposé son veto en 2015. Selon Naves, « la surutilisation des ressources naturelles est la marque d’une nation combative, dominatrice, fière de la force physique de ses hommes, capables et désireux de dompter les grands espaces »33. L’appropriation sans limites de la faune et de la flore est donc liée à la masculinité hégémonique, et découle d’une vision court-termiste et égoïste de la production et de la consommation.

En outre, la défense de l’environnement ou du bien-être animal sont associées à la passivité, la douceur et à l’attentisme féminins, qui s’opposent à des valeurs présupposées masculines comme la force, l’action ou le travail. L’économie (masculin) est ainsi opposée à l’écologie (féminin). Le militantisme écologique est en effet majoritairement porté par des femmes et ainsi la protection de l’environnement est considérée par les climatosceptiques comme une faiblesse ou un maternage. La destruction de la nature procède de la même logique que l’antiféminisme chez des leaders comme Donald Trump ou Jair Bolsonaro, le président brésilien : préserver un certain ordre social, ressenti comme menacé face à la montée des revendications féministes et écologiques, de leur médiatisation et donc de l’entrée de ces enjeux sur la place publique.

Donald Trump refuse la réalité du changement climatique, aujourd’hui pourtant appuyé scientifiquement. Contrairement au passé, le climatoscepticisme contemporain est donc une négation et même un mépris de la science et de la recherche. Non seulement Trump tente de revenir sur les mesures nationales de protection environnementale, mais son retrait en 2017 de l’accord de Paris sur le climat montre également une véritable volonté d’imposer un récit climatosceptique dans l’espace public et sur la scène internationale.

La défense de l’exploitation environnementale et animale semble relever de la même logique que celle du port d’armes : en tant que marque de virilité, la mettre en cause serait également remettre en question une certaine identité masculine. À cet égard, on peut souligner l’annulation par Trump d’une mesure de Michelle Obama luttant contre la junk food dans les cantines scolaires. Comme l’a montré le chercheur Hank Rothgerber34, la masculinité hégémonique se construit également par le refus de prendre soin de sa santé, notamment par un mode d’alimentation très centré autour de la consommation de viande. Le végétarisme est en effet facilement associé aux femmes, et la mise en danger de soi ou des autres considérée comme une marque de virilité, d’où découle la défense inconditionnelle par les hommes de la chasse et du port d’armes.

Masculinité et crise sanitaire

Plusieurs travaux35 ont montré que les femmes prennent davantage soin de leur santé que les hommes, notamment car elles acceptent mieux leur vulnérabilité. Elles vont par exemple plus souvent chez le médecin et se lavent plus fréquemment les mains que les hommes. Trump a, particulièrement au début de la pandémie, minimisé les risques et la gravité de celle-ci, signant un refus radical et viril de céder à la faiblesse, à la protection, à la vulnérabilité. Son manque de prises de décisions sanitaires pour endiguer la pandémie s’est accompagné du refus de Trump et de son vice-président Mike Pence d’écouter les scientifiques et de porter un masque. Ils ont au contraire continué à serrer des mains et à passer outre les mesures de distanciation physique, comme si se protéger constituait une marque de faiblesse ou de féminité. Une étude américano-britannique36 a ainsi montré que les hommes étaient moins susceptibles de porter un masque que les femmes, notamment car ils y voyaient une honte, un signe de faiblesse et de docilité. Des hommes se mettent donc en danger, ainsi que les autres, simplement dans le but d’apparaître viril et invulnérable selon les normes de la masculinité hégémonique.

Quant à Emmanuel Macron, on peut souligner sa virilisation du « combat » contre la pandémie par une rhétorique guerrière. De son fameux « nous sommes en guerre » pendant son premier discours à des références récurrentes à des « lignes de front », Macron a utilisé des images belliqueuses viriles pour valoriser la « lutte » contre le Covid-19. Encore une fois, la virilité est gage de crédibilité, d’importance. Ce soi-disant « combat » est pourtant principalement effectué par des femmes qui représentent l’écrasante majorité des infirmières, des enseignantes, des aide-soignantes ou encore des aides à domicile (travail du soin). La pandémie a donc souligné le rôle essentiel au fonctionnement de la société de ces métiers dévalorisés.

CONCLUSION

Ainsi, nous avons vu les divergences, mais aussi les ressemblances dans la façon dont Emmanuel Macron et Donald Trump incarnent la masculinité hégémonique en politique. Trump s’affirme comme défenseur d’une société conservatrice et réactionnaire en défendant un projet de société masculiniste, raciste, voire néo-fasciste. Il s’appuie sur une virilité assumée et une volonté de domination sur autrui comme sur l’environnement. Quant à Macron, c’est davantage implicitement que l’on perçoit l’empreinte des impératifs de la masculinité hégémonique sur son discours et son style de leadership. Celui-ci n’a pas incarné le renouveau tant promis et attendu, mais au contraire une continuité, voire une réaffirmation des coutumes politiques traditionnelles. Malgré le contraste irréfutable entre les attitudes et les décisions politiques des deux chefs d’État, le résultat reste le même : l’exclusion des femmes du pouvoir, particulièrement des places dominantes dans la hiérarchie gouvernementale, aucune n’ayant jamais été présidente aux États-Unis comme en France. L’idée de pouvoir reste pensée au masculin, laissant peu de place pour l’entrée des femmes en politique et menant à une appropriation du pouvoir par les hommes. L’analyse en termes de genre de domaines aussi variés que la politique étrangère, l’environnement ou la crise sanitaire nous ont finalement permis de sortir cette façon d’incarner le pouvoir de sa prétendue neutralité pour en révéler les ressorts genrés.

Néanmoins, il n’est pas question ici de présenter les femmes comme naturellement plus douces, altruistes et pacifiques que les hommes. Cette mise en avant d’une féminité stéréotypée, pleine d’empathie et de bienveillance, face à un pouvoir masculin violent, agonistique et destructeur, relèverait de l’essentialisme. Les femmes ne font pas nécessairement de la politique autrement, et les intégrer équitablement à la gestion du pouvoir ne résoudrait pas miraculeusement les problèmes politiques, économiques, sociaux, et environnementaux du monde entier. Parler de leadership masculin ne s’appuie donc pas sur l’existence de qualités masculines naturelles, mais admet au contraire que la socialisation genrée crée des comportements, des intérêts et des aptitudes divergentes entre hommes et femmes, qui n’ont aucune base biologique. Il s’agit donc non pas de prôner un leadership au « féminin » mais un pouvoir autre, plus pratique, inclusif et coopératif, respectant les individu.e.s et la planète.

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Pour citer l’article :

COTTAIS, C. (2021). La masculinité hégémonique en politique et l’exercice d’un leadership patriarcal : exemples de Donald Trump et d’Emmanuel Macron. Generation for Rights Over the World. growthinktank.org. [online] Aug. 2021.

Nous remercions Marie Chapot, Jeanne Delhay, Manon Louvet et Jeanne Pavard pour leur relecture.

©Image by Trump White House Archived licensed under Public Domain Mark 1.0

References
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2 N.D. (2021). Qui sont les femmes cheffes d’État et de gouvernement dans le monde ? Euronews [online] Available at: https://fr.euronews.com/2019/12/18/qui-sont-les-femmes-cheffes-d-etat-et-de-gouvernement-dans-le-monde [Accessed 18 Apr 2021].
3 KIMMEL, M. (2013). Angry White Men: Masculinity at the End of an Era, Nation Books.
4 Le breadwinner, qu’on pourrait traduire par « soutien de famille » ou « pourvoyeur de revenus » en français, est un terme désignant la personne du foyer gagnant de l’argent et ainsi supportant financièrement la famille. Avant l’entrée massive des femmes sur le marché du travail rémunéré, le modèle du male breadwinner était omniprésent, l’homme ramenant un salaire tandis que la femme s’occupait du foyer et des enfants.
5 Jan-Werner Müller dans Qu’est-ce que le populisme ? (2016) établit 3 critères de définition du populisme. D’abord, une critique des élites. Ensuite, les populistes prétendent avoir le monopole de la représentation du peuple et font référence au peuple comme une entité morale indiscutable. En effet, les populistes parlent du peuple comme d’un tout, qui détient l’unique vérité. Iels sont anti-pluralistes et donc anti-démocratiques. D’autres critères peuvent être ajoutés, comme un style politique particulier, se voulant représentatif des gens ordinaires et ainsi reprenant leurs codes (vêtements, langage, etc.). MULLER, J-W. (2016). Qu’est-ce que le populisme ? Définir enfin la menace. Paris, Éditions Premier parallèle.
6 “They want to destroy our country” (traduction libre) NAVES, M-C. (2020). Donald Trump, ou la masculinité hégémonique au pouvoir. Revue internationale et stratégique, vol. 119, no. 3, p. 89-96. [online]. Available at: https://doi.org/10.3917/ris.119.0089
7 HOCHSCHILD, A-R. (2016). Strangers in their own Land, The Free Press.
8 NAVES, M-C. (2020). Donald Trump, ou la masculinité hégémonique au pouvoir, op. cit.
9 FEFERBERG, E. (2017). Masculinité hégémonique en politique : le cas Macron. The Conversation. [online] 10 May. Available at: https://theconversation.com/masculinite-hegemonique-en-politique-le-cas-macron-77739, para. 11. [Accessed 3 Mar 2021].
10 Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances. (2017). L’égalité entre les femmes et les hommes déclarée grande cause nationale par le président de la République. [online] Available at: https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/legalite-entre-les-femmes-et-les-hommes-declaree-grande-cause-nationale-par-le-president-de-la-republique/ [Accessed 1 May 2021].
11 Le Ku Klux Klan, ou KKK, est une société secrète américaine d’extrême droite défendant le suprémacisme blanc par des théories complotistes, racistes et antisémites.
12 Breitbart News est un média américain d’extrême droite, connu pour son soutien à Donald Trump.
13 NAVES, M-C. (2018). Trump, la revanche de l’homme blanc, Paris: Textuel.
14, 15, 20, 24, 31 Ibid.
16 “grab them [women] by the pussy” (traduction libre
17 L’Obamacare fait référence à la loi sur la Protection des Patients et les Soins Abordables (Patient Protection and Affordable Care Act) adoptée en 2010 sous le mandat de Barack Obama. Il s’agit d’une loi réformant le système de santé américain dans le but de permettre à plus d’Américain.e.s d’accéder à une couverture santé.
18 La politique de Mexico interdit le financement fédéral des ONG étrangères considérées comme soutenant le droit à l’avortement dans le monde. Cette politique avait été mise en place par Ronald Reagan en 1984 puis annulée par Bill Clinton avant d’être rétablie par George W. Bush et à nouveau annulée par Barack Obama.
19 FABIANI, J-L. (2017). Matonti (Frédérique), Le genre présidentiel. Enquête sur l’ordre des sexes en politique, Paris, La Découverte, coll. « Genre et sexualité », 2017, 318 p., Politix, vol.  119, no. 3, p. 161-165. [online]. Available at: https://doi.org/10.3917/pox.119.0161.
21 Lettres de mon château, Lettre no 22, Les Échos, 23 août 1995. Cité par  ACHIN, C., & DORLIN, E. (2008). Nicolas Sarkozy ou la masculinité mascarade du Président, Raisons politiques, vol. 31, no. 3, p. 19-45. [online]. Available at: https://doi.org/10.3917/rai.031.0019
22 RIVIERE, J. (1994). La Féminité en tant que mascarade in Marie-Christine Hamon (dir.), Féminité mascarade. Études psychanalytiques, Paris: Seuil.
23 LARRERE, M., & LORRIAUX, A. (2018). Les femmes en politique, depuis quand ? in Esther Benbassa éd., Violences sexistes et sexuelles en politique, Paris: C.N.R.S. Editions, p. 9-15. Available at: https://doi-org.proxy.bib.uottawa.ca/10.3917/cnrs.benba.2018.01.0009.
25 N.D (2021). Covid-19 : Angela Merkel s’excuse d’avoir voulu renforcer les restrictions à Pâques en Allemagne. France24. [online] Available at: https://www.france24.com/fr/europe/20210324-angela-merkel-s-excuse-d-avoir-voulu-renforcer-les-restrictions-%C3%A0-p%C3%A2ques-en-allemagne [Accessed 18 Apr 2021].
26, 28, 30 NAVES, M-C. (2018). Trump, la revanche de l’homme blanc, op. cit.
27 ACHIN, C., DORLIN, E., & RENNES, J. (2008). Capital corporel identitaire et institution présidentielle : réflexions sur les processus d’incarnation des rôles politiques. Raisons politiques, vol. 31, no. 3, p. 5-17. [online].  Available at: https://doi.org/10.3917/rai.031.0005.
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34 ROTHGERBER, H. (2012). Real Men Don’t Eat (Vegetable) Quiche : Masculinity and the Justification of Meat Consumption. Psychology of Men & Masculinity, 14(4), p. 363–375. [online]. Available at: https://doi.org/10.1037/a0030379
35 Voir par exemple : VIDAL, C., & MURIEL, S. (2017). Femmes et santé, encore une affaire d’hommes ?, Paris: Belin.
36 CAPRARO, V., & BARCELO, H. (2020). The Effect of Messaging and Gender on Intentions to Wear a Face Covering to Slow down COVID-19 Transmission. PsyArXiv. [online]. Available at: https://doi.org/10.31234/osf.io/tg7vz

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